Agroécologie : accompagner la transition des planteurs mauriciens

15/07/24
#Régénérer les écosystèmes

Sur l’île entière, vingt-sept planteurs s’engagent aux côtés de Regenesis dans une transition vers des pratiques agricoles plus durables. Le programme s’appuie sur une expertise déjà éprouvée, celle de la Chambre d’Agriculture de Maurice (MCA) et du CIRAD, mobilisés depuis le lancement du projet.

Cette collaboration prolonge un travail engagé bien avant Regenesis. La MCA pilote depuis 2015 son projet Smart Agriculture, structuré en plusieurs phases. La première a permis de diagnostiquer l’usage des produits phytosanitaires chez les planteurs mauriciens. La deuxième a constaté une réduction progressive de ces intrants chimiques. Avec l’arrivée d’ER Group dans une troisième phase, l’enjeu change d’échelle : partager les apprentissages des phases précédentes avec un groupe élargi de planteurs.

Aujourd’hui, avec l’implication d’ER Group dans la phase 3, nous concentrons nos efforts sur le partage et le renforcement des apprentissages des phases précédentes auprès d’un groupe plus large de planteurs , explique Mishtee Sumboo, coordinatrice adjointe de projet à la MCA.

Sur le terrain, la transition se traduit par des gestes concrets. Le paillage organique limite l’évaporation et nourrit les sols. L’agroforesterie diversifie les cultures et restaure les équilibres écologiques, pendant que les intrants chimiques reculent progressivement sur chaque exploitation. Un accompagnement technique individualisé suit chaque planteur, condition essentielle pour que les nouvelles pratiques tiennent dans la durée.

Le CIRAD apporte à ce dispositif une dimension scientifique complémentaire à celle de la MCA. Le centre de recherche agronomique français, présent depuis longtemps dans l’océan Indien, aide à adapter les principes agroécologiques aux conditions spécifiques du sol et du climat mauricien, plutôt que d’appliquer des recettes conçues ailleurs. Cette adaptation locale conditionne largement l’adhésion des planteurs et la durabilité des pratiques sur le terrain.

Chaque exploitation accompagnée fait l’objet d’un suivi qui dépasse la simple visite ponctuelle. Les équipes techniques reviennent régulièrement et ajustent les recommandations en fonction des résultats observés, documentant les évolutions de chaque parcelle. Cette régularité distingue Regenesis d’un programme de sensibilisation classique : l’accompagnement se mesure en saisons plutôt qu’en sessions.

Le choix de la MCA comme partenaire ne tient pas du hasard. L’organisation représente l’ensemble des planteurs mauriciens et joue un rôle national dans le dialogue sectoriel, la définition des politiques agricoles et l’évolution des réglementations qui encadrent la profession. Elle dispose ainsi d’une légitimité que Regenesis ne pourrait pas construire seul. En s’appuyant sur ce réseau existant plutôt qu’en créant son propre dispositif, ER Group accélère l’adoption des pratiques agroécologiques et inscrit son action dans une dynamique sectorielle déjà reconnue par les agriculteurs eux-mêmes.

Au-delà des vingt-sept exploitations directement suivies, le projet vise un effet d’entraînement. Chaque planteur engagé devient potentiellement un relai auprès de ses pairs, un rôle que la MCA cherche activement à renforcer à travers ses propres réseaux de partage entre agriculteurs. Cette dynamique horizontale complète l’accompagnement technique vertical assuré par les experts du CIRAD et de la MCA.

Cette transition agroécologique répond à un double enjeu pour Maurice : renforcer la résilience d’un secteur agricole exposé aux aléas climatiques, et reconnecter les terres cultivées aux écosystèmes qui les entourent. Les données collectées sur le terrain nourriront, à terme, un guide de recommandations destiné à l’ensemble du secteur agricole mauricien, pour que les apprentissages de Regenesis dépassent le cercle des planteurs directement accompagnés.